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  AUC

  Pays : Colombie

  Les Autodéfenses unies de Colombie (AUC) sont une fédération de milices paramilitaires colombiennes. Les AUC regroupent plusieurs mouvements d'Autodéfense, groupe anti-guérilla d'extrême droite qui agissaient auparavant de façon indépendantes dans différentes régions colombiennes. Ces armées irrégulières sont nées dans les années 80 sous l'impulsion de grands propriétaires ou de narcotrafiquants qui voulaient défendre leur territoires de la guérilla, avec le soutien de militaires actifs ou démissionnaires.

  Parmi les quatre groupes fondateurs des AUC, celui de Puerto Boyaca a ainsi été fondé par un capitaine de l'armée colombienne, formé par le mercenaire israélien Yair Klein, et rapidement récupéré par les trafiquants de drogues qui contrôlaient le Magdalena Medio. Les frères Fidel et Carlos Castraño, qui fondent ensuite les Autodéfenses paysannes de Cordoba et Uraba ( nord du pays), obtiennent les premiers résultats militaires en poussant une frange de la guérilla de l'EPL à la démobilisation ou à la reddition au début des années 1990. A la mort de Fidel, carlos deviens le leader naturel des Autodéfenses en obtenant, en avril 1997, la création des Autodéfenses unies de Colombie. Cette fédération rassemble les ACCU, le groupe de Puerto Boyaca, une armée formé dans le Magdalena Medio et celle des Llanos, dans l'est du pays. Son compromis : « ne pas abandonner la lutte tant que la guérilla restera sur le pied de guerre ». Avec des chefs demandés en extradition pour narcotrafic, les AUC participent aujourd'hui, en ordre dispersé, à des négociations devant aboutir à leur démobilisation fin 2005.

  Avec la complaisance ou parfois la complicité directe de l'armée régulière, les AUC, comme les groupes paramilitaires dissidents, ont développé une guerre de contre-guérilla particulièrement sanglante. Ses combattants estimés aujourd'hui à 13 000 hommes, se rendent coupables de nombreux massacres de paysans soupçonnés de complicité avec les rebelles. Partisans d'un ordre social ultra-conservateur et capitaliste, parfois financés par des entreprises, ils assassinent également homosexuels, voleurs et drogués, ainsi que syndicalistes et leader de gauche, nationaux ou locaux. Les paramilitaires parviennent ainsi à « nettoyer » des zones entières de guérilla et de toute organisation sociale, comme dans l'Uraba, au nord de l'Antioquia. Leur entreprise n'est cependant jamais aussi fortes que dans les zones urbaines, parfois avec l'appui tacite des autorités comme à Barrancabermeja. Le quadrillage de la population par des informateurs et des combattants en civil leur permet d'y maintenir leur ordre.

  Nées sous l'aile des narcotrafiquants, les AUC se financent notamment par le trafic de drogue – Carlos Castraño a longtemps reconnu que la cocaïne rapportait 70% de leurs revenus. Le complément est apporté par les grands propriétaires terriens, les éleveurs et les entrepreneurs volontaires suivants les régions. L'extorsion, longtemps pratique exclusive de la guérilla, est un recours croissant d'une partie des milices paramilitaires. Ces énormes moyens ont permis aux AUC de s'étendre dans presque tous les départements colombiens, à l'exception de quelques zones amazoniennes ou seule la guérilla des FARC réalise des incursions. Armés de fusils-mitrailleurs issus du trafic d'armes via l'Amérique centrale, souvent avec des contacts israéliens, les paramilitaires bénéficient toujours du soutien clandestins d'officiers actifs ou retraités. Des paysans, aussi bien que des militaires réguliers, ont constaté à plusieurs reprises l'utilisation par les troupes « paras » d'hélicoptères peints aux couleurs de l'armée colombienne, ce qui leur donne un net avantage tactique sur les guérillas.