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  Lashkar-E Tayyebah (LET)

  Pays : Pakistan

  Armée des Purs. Groupe jihadiste pakistanais formé au début des années 1990. Le LeT s'est imposé comme le plus important mouvement jihadiste, le deuxième en nombre de recrues (environ 800) infiltrées au Cachemire indien. En décembre 2001, le LeT s'est totalement réorganisé: il prend le nom de Jamaat ud-Dawah au Pakistan pour échapper au risque d'interdiction suite à son inscription le 26 décembre 2001 sur la liste américaine des organisations terroristes.

  Idéologiquement proche du Wahhabisme et se réclamant du salafisme, les fondateurs du LeT ont eu des liens étroits avec Ben Laden avant le retrait soviétique de l'Afghanistan. Le LeT est la branche armée du Markaz Dawat wal Irshad (MDI, renommé également Jamaat ud-Dawah), le centre pour le prédication et l'enseignementbasé au Pakistan et dirigé par Hafiz Mohamed Saeed. Interdit en janvier 2002 par le gouvernement pakistanais, sous pression de l'Inde et des Etats-Unis, le MDI a annoncé que l'ensemble des breaux et camps du LeT était désormais limité au Cachemire pakistanais et indien, et dirigé uniquement par des Cachemiris. Mais, la structure du Lashkar au Pakistan même ( environ 2000 bureaux) est restée intacte, Saeed est toujours son leader officieux et sous le nom de Jamaat ud-Dawah, il y continue les recrutements.

  Le LeT ne s'est fait connaître qu'à partir de 1993. Il a été alors favorisé par l'armée pakistanaise pour étendre la rebellion au Jammu et légitimer la poursuite d'une guerre infra-conventionelle au Cachemire auprès de la population de cette province, politiquement centrale au Pakistan.

  A partir de 1999, il multiplie les actions de fedayin ("ceux qui se sacrifient" pour une cause). Pour des raisons théologiques, il refuse le qualificatif d'attentat suicide, bien que la logique suicidaire y soit présente. Il s'agit d'introduire un petit groupe de militants sur une base militaire, dans des bâtiments résidentiels de familles d'officiers ou dans un bâtiment symbolique (par exemple, le Fort Rouge de Delhi, en décembre 2000 ou l'aéroport de Srinagar, en janvier 2001), qui tire à vue sur les membres des forces de sécurité indienne (160 auraient trouvé la mort dans ce type d'opération).

  Contrairement à une idée reçue (encouragée par le nombre fantasmatique de centaine de milliers de personnes présentes à ses conventions, la visibilité et l'éfficacité de son appareil de propagande); son soutien au Pakistan est faible (il n'y a eu que 1600 "martyrs" en dix ans). Au Cachemire également, il a du mal à recruter.

  Toutefois, à partir de 2000, en raison surtout de l'aspect spectaculaire de ses attaques contre une armée indienne honnie par la population musulmane de la Vallée du Cachemire, pour la première fois, des manifestations de jeunes en sa faveur ont eu lieu.